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Soutien aux familles du 5 rue Godefroy Cavaignac

La situation des sinistrés de l’immeuble 5 rue GODEFROY-CAVAIGNAC au 1er novembre 2007

Par Amina SALFI

Compte-rendu de la 1ère réunion du comité du soutien le 29 octobre 2007 à 19h au siège de l’association Quartier Saint-Bernard, à   l’initiative de la cellule de crise.

Etaient présentes 30 à 40 personnes dont : les victimes du sinistre, des représentants de la mairie du 11ème (Mme Khédidja BOURCART maire adjointe, M. Jacques DAGUENET maire adjoint), Mme Amina SALFI  médiatrice bénévole désignée par les familles sinistrées, les futurs membres du comité de soutien, les animateurs de l’association Quartier Saint-Bernard, un représentant de l’association du DAL, Ludovic Donet.

RAPPEL DES FAITS PAR MME BOURCART

Le 18 octobre est survenu l’incendie à la suite duquel vingt et une familles ont dû évacuer l’immeuble et se sont retrouvées sur le trottoir. Elles sont toutes en situation régulière, ont une activité professionnelle, et pour certaines, ont des enfants scolarisés dans le quartier.

Le lendemain du sinistre, et suivant l’avis de ses techniciens, la Préfecture de Police a posé des scellés et affiché sur la porte d’entrée de l’immeuble un arrêté préfectoral interdisant son accès pour des raisons de sécurité. Les familles, par autorisation de la Préfecture, ont pu par deux fois, accéder brièvement à leurs appartements, accompagnés d’agents d’autorité.

L’origine du feu est douteuse selon le rapport de Police.

Cet immeuble est la propriété privée de la société SAS Kentucky (Alliance Développement Capital). Depuis plusieurs années, différentes tentatives de rachat de l’immeuble ont été faites de la part de la Mairie, par l’intermédiaire de la SIEMP. A l’époque, elles n’avaient pas abouti (propositions financières jugées insuffisantes). Le propriétaire a reçu plusieurs mises en demeure, notamment pour exécuter des travaux mais ceux-ci sont restés sans effets à ce jour (Mme SALFI rappelle que le propriétaire a touché, il y a quelques années, une compensation de 1,6 millions d’euros versée par l’état à titre d’indemnisation, pour ne pas avoir expulsé les occupants !).

La Mairie a, par la suite, débuté une procédure d’expropriation. Toutefois, le propriétaire le demeure tant que le jugement qui l’exproprie n’est pas rendu exécutoire.

Le CCAS (centre communal d’action sociale) a proposé comme solution d’urgence aux familles leur relogement dans des hôtels, gratuitement pour une semaine, puis à la charge des familles au prorata de leurs revenus. Certaines familles ont accepté cette solution d’urgence, d’autres l’ont refusée.

TEMOIGNAGE DE MME DIALLO

Mme DIALLO a pris la parole pour expliquer les raisons qui ont poussé une partie des familles à refuser cette solution : principalement l’inquiétude, une fois dispersées, d’être délaissés par les autorités, ainsi que la crainte de voir disparaître certaines affaires personnelles à la suite de la pose, après le sinistre, de portes Sitex (portes « anti-squat ») par le propriétaire.

CONSTITUTION DU COMITE DE SOUTIEN

Le comité de soutien s’est constitué durant la réunion.


Témoignage de M. Yamadou SISSOKO

M. SISSOKO a alerté le premier les pompiers le matin de l’incendie, prévenu par sa femme qui a, ensuite, réveillé les habitants endormis. M. SISSOKO, agent de sécurité, a constaté qu’une poussette, d’après lui à l’origine de l’incendie, avait pris feu. Il pense qu’il s’agit d’un incendie d’origine criminelle compte tenu de la rapidité avec laquelle la poussette s’est embrasée. Au téléphone, le pompier avec lequel il était en communication pour demander de l’aide, lui aurait répondu au sujet de sa femme qui criait pour prévenir les habitants : « dis à celle là de la fermer »…


Une solidarité de quartier

Depuis le début du sinistre, les familles se sont battues avec l’aide et le soutien de nombreux riverains, du comité de soutien, de Mme Nicole QUERITE et Mme Amina SALFI médiatrice bénévole, ainsi que des représentants de la Mairie et de l’association Quartier Saint-Bernard, pour d’une part, récupérer leurs biens personnels, et d’autre part pour obtenir une solution de relogement.
 
La solidarité des habitants du quartier ne s’est pas démentie, notamment avec l’aide du patron du café « le Méditerranée », qui l’a mis à disposition pour les sinistrés ou celle de la directrice de l’école Godefroy Cavaignac. Une voisine, indignée par la situation de ces familles dormant depuis cinq jours sur le trottoir, a acheté des tentes (remboursées depuis par la Mairie). Des riverains se relaient, jour après jour, auprès des familles pour apporter leur aide. D’autres, par leur présence quotidienne, les soutiennent dans cette épreuve. Des parents ont accueilli des enfants chez eux. Des passants ravitaillent, offrent vêtements et couvertures…


Rencontre avec Mme Capelle, à la Mairie du XIème

A l’initiative de Mme BOURCART,  une délégation, dirigée par Mme SALFI, a été reçue le matin du 29 octobre par Mme Liliane CAPELLE, Maire adjointe au logement à la Mairie du XIème, en présence de Mme Khédidja BOURCART, le représentant des familles M. Makka SIDEBE, ainsi que des victimes suivantes : Mme Rokhyatou DIALLO, Mme Atoufouné KONATE, Mme Oumou KOUYATE, M. Habla MAGASSA, M. Yamadou SISSOKO.

Mme Capelle nous a rappelé les démarches entreprises par ses services : après avoir pris contact avec la Préfecture, elle nous a assuré que le lendemain au plus tard les habitants auraient accès à leurs affaires. Force est de constater que cette promesse n’a pas été tenue.

Elle nous a informé que des hôtels, pourtant réservés par le CCAS, avaient refusé, à l’arrivée de certaines familles, de les loger.

Les autres points abordés n’ont pas apporté de nouveaux éléments, à savoir :

- L’accès des sinistrés à leurs logements sera subordonné à la présence d’au moins un agent de police.

- Le rappel que M. Jean-Yves MANO, Maire adjoint à la Mairie de Paris en charge du logement, s’était engagé dans une lettre du 19 octobre 2007, a héberger les sinistrés dans les conditions définies par l’ASE (aide sociale à l’enfance) dans le périmètre le plus proche en fonction des disponibilités hôtelières. Cet engagement ne concerne que les personnes pouvant « prouver leur antériorité dans l’immeuble et en situation régulière sur le territoire français. Des solutions adaptées seront trouvées pour les personnes ne remplissant pas ces dernières conditions ».

Situation au 1er novembre

Le 31 octobre, M. MOREL, adjoint au Maire, a déposé plainte au commissariat au nom de la Mairie et des victimes afin de protéger les intérêts des locataires.

La SIEMP a été déclarée acquéreur de l’immeuble sinistré par un jugement du 31 octobre.

Au regard de ce jugement, et en respect des textes règlementaires, la Mairie de Paris ne peut toutefois pas pénétrer dans cet immeuble avant 2 mois.

M. MOREL a demandé à la préfecture de police de mandater des huissiers ou des policiers afin de permettre aux habitants de récupérer leurs affaires personnelles le plus tôt possible.

Questions

Comment se fait-il que les déménageurs recrutés par le propriétaire (entreprise BK Transports) aient accès librement, malgré l’arrêté préfectoral, aux appartements des victimes ainsi qu’à leurs biens, sans être accompagnés des forces de Police comme cela est le cas pour les locataires ?

Quand et sous quelles conditions les sinistrés auront-ils accès à leurs affaires personnelles ?


Fait à Paris, le 1er novembre 2007.

Amina SALFI

GodefroyCavaignac le 02.11.07 à 08:39 dans Actualités
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